Mission Parlementaire sur le port du voile intégral

1 février 2010

Le 26 janvier 2010, la Mission Parlementaire sur le port du voile intégral présidée par le Député André Gérin a rendu son rapport et ses recommandations au Président de l’Assemblée Nationale.

Au-delà des polémiques politiques inévitables sur de tels sujets, le Grand Orient de France tient tout d’abord à saluer le travail des Parlementaires qui n’ont cherché à éluder aucune question dans cette problématique difficile où les valeurs de la République sont interpellées.

Le Grand Orient de France rappelle ensuite sa position exprimée devant la Mission Parlementaire : le port du voile intégral est une atteinte inacceptable aux droits de l’Homme puisqu’il postule une négation absolue de la femme qui le porte au profit d’un symbole d’appartenance à un groupe radical totalement refermé sur lui-même. Le port du voile intégral, qui n’a rien d’un symbole religieux qui appartiendrait à l’Islam, constitue bien un défi lancé à la République dans la conception même d’une société laïque du « vivre ensemble » ne reconnaissant que des citoyens et non des communautés segmentées.

Cette analyse est au demeurant totalement en harmonie avec la position adoptée par le Conseil Français du Culte Musulman lors de son audition par la Mission Parlementaire.

C’est pourquoi le Grand Orient de France s’est prononcé en faveur d’une loi prohibant le port de ces habits dans la sphère publique, comprise comme le lieu où partout doit s’exercer la citoyenneté républicaine à égalité entre les membres de la nation française.

Dans le même temps, le Grand Orient de France considère que la plus grande vigilance doit s’exercer pour éviter toute instrumentalisation de la question du port du voile intégral par certains qui voudraient en profiter pour stigmatiser les musulmans de France.

Le Grand Orient de France appuie également le principe d’une Résolution de l’Assemblée Nationale réaffirmant à cette occasion les valeurs républicaines et notamment le fait que la liberté de conscience ne peut s’exercer que dans le respect du principe de laïcité.

C’est la raison pour laquelle le Grand Orient de France soutient la proposition de mise en œuvre de l’Observatoire de la laïcité créé en 2007 et qui devrait enfin permettre d’établir une veille publique utile à l’évolution de ces questions dans la société française. 

Toutefois, le Grand Orient de France tient à marquer sa désapprobation devant un des points mentionnés dans le rapport de la Mission qui reprend l’une des recommandations du Rapport Machelon et qui concerne le contournement éventuel de l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, en matière de financement des lieux de culte. Il existe d’ores et déjà des dispositifs juridiques qui permettent de répondre au souci, légitime, de l’exercice du culte dans des lieux décents, sans chercher à remettre en question la loi qui constitue un pilier fondamental de la laïcité en France.

Conférence Débat “Les Loges de la République”

26 janvier 2010

Dîner-Conférence-Débat-Dédicace-Vernissage le samedi 30 janvier 2010 dès 19h00 à Cannes avec Pierre Lambicchi.

Rencontre avec… Henri CAILLAVET

18 janvier 2010

Henri Caillavet, Ancien Ministre, dédicacera son livre : Libres Paroles Maçonniques, paru aux Editions VEGA, Paris, 2009 le mardi 26 janvier 2010 de 18h00 à 19h30 en l’Hôtel du Grand Orient de France (Hall Cadet -Salle Hypostyle) 16, rue Cadet – 75009 Paris.

Henri Caillavet fait don de l’intégralité de ses droits d’auteur à la Fondation du Grand Orient de France.

Voeux 2010

5 janvier 2010

Pierre Lambicchi, Grand Maître du Grand Orient de France, vous présente ses meilleurs voeux pour l’année 2010.

fleche1 Cliquez ici pour voir la vidéo

Billet d’humeur de Pierre Lambicchi… sur Benoît XVI

5 janvier 2010

Dans quelques mois, le pape Benoît XVI fêtera ses 5 ans de pontificat à la tête de l’Eglise catholique apostolique et romaine. Pape discret, effacé diront certains, le Pontife mène néanmoins froidement et d’une main ferme un processus implacable et méthodique : la remise en question des timides ouvertures voulues par Jean XXIII et Paul VI quant à l’espérance d’un monde meilleur et entérinées par le Concile de Vatican II.

Si plusieurs Obédiences maçonniques libérales et adogmatiques françaises ont bien entendu condamné la validation récente du processus de béatification de Pie XII, cet épisode n’est au fond qu’un élément supplémentaire, presque anecdotique, à verser au dossier de ce pontificat idéologiquement très marqué.

Chacun se souviendra des propos controversés mais pleinement assumés de Ratisbonne sur l’Islam conquérant et menaçant, comme de la réintégration en fanfare des intégristes lefévristes, y compris d’un évêque négationniste, ou bien des affirmations contre l’usage du préservatif comme moyen de prévention du SIDA, du soutien apporté à l’excommunication prononcée contre une enfant violée, sa famille et les médecins qui lui avaient sauvé la vie, ou encore des positions récurrentes sur les questions de bioéthique, de mœurs et de sexualité. En ce sens, la béatification d’un pape aussi controversé que Pie XII n’est qu’une ombre de plus dans ce tableau improbable.

Bien sûr, il serait naïf et même stupide d’attendre du Chef d’une Eglise dont toute la doctrine fondamentale repose sur des dogmes multiples une volonté de comprendre le monde d’aujourd’hui et de s’y adapter. En ce sens, le prédécesseur de Benoît XVI, s’il était certes meilleur communicant, ne dérogeait nullement à cette ligne de conduite. Le pape Jean-Paul II ne défendait pas des positions plus souples ou plus ouvertes. Mais le pontificat de Benoît XVI s’inscrit comme une étape nouvelle visant à revenir le plus rapidement possible à la situation antérieure au Concile, ce dernier ayant semble-t-il traumatisé l’actuel Pontife par tant d’audace. Comme si le temps était compté, et dans une vision qui porte l’angoisse du lendemain et non l’espérance que le Concile avait pourtant consacrée, c’est un pontificat de crainte, de rigidité théologique et de guerre au “modernisme” et à l’oecuménisme qui est à l’œuvre sous nos yeux.

Il faut par conséquent s’attendre à la poursuite de ce combat idéologique autant que théologique mené par ce pape, appuyé sur une Curie romaine vieillie et repliée sur elle-même et sur les membres de l’Opus Dei ou les Légionnaires du Christ.

Au fond, le seul mystère qui reste peut-être inexpliqué porte sur le choix du nom que le Cardinal Joseph Ratzinger a fait lorsque la question traditionnelle lui a été posée au moment de son élection par le Conclave : Benoît XVI. Eu égard à ses convictions profondes et au processus de reprise en main anti-conciliaire auquel est soumise l’Eglise catholique, on en vient à penser que c’est plutôt à Pie XIII que nous avons à faire, par référence à Pie IX, le pape du Syllabus et de l’encyclique Quanta Cura sur les « erreurs de notre temps », le pape du refus de la liberté de conscience, le pape de la fermeture et des anathèmes fulminés contre tous les libres penseurs.

Les Francs Maçonnes et les Francs Maçons devront continuer de leur côté le combat des Lumières et de leur héritage humaniste en faveur de la liberté absolue de conscience, de l’émancipation individuelle des hommes et des femmes et du refus de tout dogmatisme, au service de l’Homme et de sa dignité.